Histoire des prisons

Les prisons castéloriennes ont une origine plus ancienne : elles se trouvaient à l’origine à l’intérieur du château féodal, dans une tour qui menaçait ruine au milieu du XVIIIᵉ siècle. L’état des lieux étant jugé indigne, elles sont transférées dans le jardin du presbytère où subsistait un énorme bloc de tuffeau servant de barbacane au château (barbacane appelée improprement « donjon » par les Castéloriens). En 1760 on y creuse des cachots dont la fonction reste d’abriter les détenus en attente de leur jugement ou de l’exécution de leur châtiment.

Fond noir: le plan de Château-du-Loir relevé en 1749 par les ingénieurs qui recherchaient le tracé de la future route royale de « Tours en Normandie ». Le relief est figuré par des hachures. A cette époque, les fossés qui entouraient le château en ruines ont été comblés. « B »: la barbacane qui permettait d’accéder au pont-levis placé à une douzaine de mètres de hauteur.

En jaune: l’ancienne route de Tours au Mans.

En rouge: le tracé de la route royale de Tours au Mans (la rue Aristide Briand actuelle) et les limites de la Place de l’hôtel de ville actuelle. Ces limites ont été déterminées par les alignements que les maisons nouvelles ont dû respecter.

En 1791, un rapport d’inspection du conseil de district alerte sur l’état critique de ces prisons : trop petites, insalubres et dangereusement froides, elles sont jugées inadaptées à l’enfermement humain. Plusieurs évasions sont rapportées par le concierge des lieux, rendues possibles par le manque d’entretien des locaux. L’infrastructure est décrite comme vétuste, facilitant les fuites et nuisant à la sécurité.

Face à cette situation, la municipalité propose d’installer une nouvelle maison d’arrêt et une brigade de gendarmerie dans l’ancien couvent des Récollets. Si la gendarmerie et une école s’y établiront effectivement, les prisons, elles, restent dans le donjon, dans des conditions toujours aussi précaires.

Après la suppression des districts en 1795, la nouvelle organisation administrative met en place les arrondissements : Château-du-Loir dépend alors de celui de Saint-Calais. À cette époque, quatre maisons d’arrêt sont créées uniquement dans les chefs-lieux d’arrondissement. Cependant, deux maisons de dépôt de sûreté sont conservées pour le passage des forçats enchaînés – l’une à Beaumont-sur-Sarthe, l’autre à Château-du-Loir.

Par exemple, le 21 octobre 1792, 50 à 60 condamnés aux fers transitent par Château-du-Loir, escortés par 30 personnes et 4 gendarmes. C’est ce qu’on appelle le passage de la chaîne.

Ce n’est qu’en 1837 que les prisons du « donjon » sont définitivement abandonnées, quand les condamnés au bagne sont dorénavant transportés en voitures cellulaires puis en train..

Le plan des prisons reconstitué par le Club d’Histoire Locale (D. Benoit) permet aujourd’hui de visualiser l’organisation de ces anciennes geôles : cour, cellules, et dispositifs de garde, tels qu’ils apparaissaient dans les rapports d’inspection de l’époque.

Sources : Travaux de Mme Benoit, livre d’A. Calvaire « Mémoire en images » tomes 1 et 2, collection de JC. Marc, M. Benoit du Club d’histoire locale de Château-du-Loir

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