Avant la construction du lavoir, les habitants du hameau de Coëmont lavaient leur linge au moulin, profitant d’un droit d’usage devenu peu à peu obsolète. Cette servitude ayant cessé le 8 juin 1869, la municipalité décida de doter les 130 ménages d’un lavoir digne de ce nom. Pour cela, elle acquit la parcelle C n°296 appartenant à M. Bouttier, un terrain en bord du Loir, naturellement propice à ce type d’installation.
Mais ce terrain, qui avait été remblayé, empiétait sur le lit du Loir. Il relevait donc du domaine public fluvial et ne pouvait être concédé que de manière temporaire et révocable par l’État, avec une redevance annuelle de 10 francs, répartie entre le propriétaire et la commune.
Les démarches pour la construction du lavoir durèrent plusieurs années. Une souscription publique de 666 F permit de financer une grande partie des travaux achevés en mars 1875.
Le toit d’ardoises à deux pans s’appuie sur des poteaux en chêne. L’entourage est en bardage vertical. Une importante avancée du toit côté rivière protège les laveuses du soleil et des intempéries. Trois planchers mobiles, suspendus à des chaînes actionnées par des treuils, suivent le niveau de la rivière.
En 1881, six ans après la construction, le maire doit publier un arrêté de salubrité pour régler les conflits d’usages de l’eau :
« Le maire de Vouvray-sur-Loir (…)
Considérant que plusieurs fabricants de ouates et bouchers ont pris l’habitude de nettoyer aux abords du lavoir communal de Coëmont, les uns les cotons qu’ils doivent mettre en œuvre, les autres les intestins des animaux qu’ils abattent (…)
Arrête : il est expressément défendu de nettoyer autre chose que du linge, tant au lavoir communal que dans la partie de la rivière réservée pour abreuvoir. »

Lieu de labeur mais aussi espace d’échanges et de sociabilité, le lavoir est resté dans les mémoires comme un site essentiel de la vie quotidienne.
Menacé de ruine en 2018, il fit l’objet d’un chantier de restauration en 2025, porté par la commune avec l’aide de la Fondation du patrimoine et de professionnels du bâti ancien. Le choix du bardage en châtaignier, matériau durable et fidèle à l’esprit des lieux, témoigne du soin apporté à cette réhabilitation.
Inauguré lors des Journées Européennes du Patrimoine en septembre 2025, le lavoir de Coëmont est aujourd’hui un élément emblématique du patrimoine rural, restauré pour être transmis aux générations futures.

Le lavoir en 2024, avant restauration.
Sources : Fondation du patrimoine, lavoirs-en-sarthe.fr , livre d’A. Calvaire « Mémoire en images » tomes 1 et 2, collection de JC. Marc, M. Benoit du Club d’histoire locale de Château-du-Loir