C’est une source naturelle jaillissant du coteau qui a donné naissance au lavoir du Pissot, un lieu à la fois fonctionnel et emblématique de la vie quotidienne d’autrefois. Ce type d’aménagement s’est largement développé sous le Second Empire, porté par une volonté d’améliorer l’hygiène publique, avec le soutien actif de l’État et des départements.

Le lavoir du Pissot ne fait pas exception : il a bénéficié d’une souscription de 315 francs, qui a permis à la municipalité, le 8 août 1875, d’accepter un devis de 900 francs pour sa reconstruction. Les travaux prévoyaient la remise en état de l’alimentation en eau, le remplacement des deux grands madriers de huit mètres soutenant l’auge en pierre, le pavage des emplacements de lavage, la gestion de l’écoulement par un petit aqueduc… et la mise en place d’une toiture, offrant enfin une protection bienvenue aux laveuses.
Sa grande auge en pierre inclinée et surélevée est une caractéristique rare qui en fait un exemple atypique et remarquable dans la région. On y lavait bien sûr le linge, mais aussi — particularité locale — les bouteilles et barriques des nombreux viticulteurs installés dans les caves troglodytiques environnantes, creusées dans le tuffeau.


Les initiales gravées sur le mur du lavoir pourraient renvoyer aux contributeurs ou financeurs de l’époque. Aujourd’hui encore, ce lieu témoigne du quotidien partagé, de l’importance de l’eau, et du lien social qu’il entretenait.
Depuis sa restauration dans les années 1990, le lavoir du Pissot a retrouvé toute sa belle allure, et les promeneurs peuvent, comme les laveuses d’antan, profiter de sa vue imprenable sur Vouvray-sur-Loir et son église, blottie en contrebas..
Sources : lavoirs-en-sarthe.fr , livre d’A. Calvaire « Mémoire en images » tomes 1 et 2, collection de JC Marc, M. Benoit du Club d’histoire locale de Château-du-Loir